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Il y a 80 ans, le 2 décembre, le montois Charles Plisnier était le premier écrivain non français à recevoir le Prix Goncourt pour « Faux Passeports, ou les Mémoires d’un agitateur », paru aux éditions Correâ (devenues Buchet-Chastel). Quelques jours plus tard, le 11 décembre, il était élu à l’Académie de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

Buste de Charles Plisnier, Mons, parc du beffroi,

une oeuvre de Marguerite Acarin, mieux connue sous son nom d’Akarova 

Charles Plisnier est né à Ghlin en 1896 et est mort à Bruxelles le 17 juillet 1952.

Il passe son enfance et son adolescence à Mons, où ses parents se sont fixés avant la fin du siècle. Il évoquera souvent sa ville bien aimée, notamment dans Figures détruitesL’Enfant aux stigmates et Mariages. Il y observe les luttes politiques et les mouvements sociaux, aux côtés d’un père qui milite pour le socialisme. Il publie déjà deux recueils de poèmes, L’Enfant qui fut déçu et Voix entendues. Il reçoit l’encouragement d’Émile Verhaeren.

Quand la guerre éclate, il vient de terminer ses humanités à l’Athénée de Mons. Les universités ont fermé leurs portes; il se consacre à la lecture d’une masse d’ouvrages scientifiques et philosophiques. C’est à Bruxelles qu’il apprend la victoire de la révolution russe. Dès 1919, il collabore à des publications d’extrême-gauche. Inscrit à l’Université libre de Bruxelles, il anime l’Association des étudiants socialistes belges. En 1919, délégué par elle au Congrès de Genève, il vote l’adhésion à la IIIe Internationale. Il entre au parti communiste belge en 1921.

Diplômé docteur en droit en octobre 1922, il s’inscrit au barreau de Bruxelles. Nommé en 1925 président de la section belge du Secours rouge international, il se soumet à la loi du parti qui lui interdit de publier toute œuvre littéraire. Pourtant, il continue d’écrire.

Rallié à Trotsky, il est exclu du parti communiste en 1928. «Maintenant cette vie que je lui avais donnée, le Parti Communiste me l’a rendue», fait-il dire à l’agitateur de Faux Passeports. Après neuf ans de silence il publie la quasi-totalité de son œuvre poétique.

En 1943, paraît Ave Genitrix, journal lyrique d’une conversion. Le roman Mariages paraît 1936, coup d’essai et coup de maître. Le Prix Goncourt contribue à élargir son audience. Le succès le décide à vivre de sa plume.  Il part pour la France en 1937, où il travaille d’arrache-pied. Le 17 juillet 1952, usé par le travail, il meurt dans une clinique bruxelloise, des suites d’une opération.

Charles Plisnier, poète aux multiples registres, romancier visionnaire, nouvelliste original, était aussi un essayiste de premier ordre, un analyste lucide des problèmes de son époque et de son art.

La bibliothèque de Charles Plisnier et son bureau reconstitué se trouvent à la Maison Losseau.

Ils sont pour l’instant inaccessibles en raison de travaux de mise aux normes énergétiques.

Charles Plisnier a donné son nom au Prix de Littérature Charles Plisnier, d’une valeur de 2500 €, décerné par la Province de Hainaut à un écrivain né en Hainaut où y résidant depuis au moins 3 ans. Le prix récompense alternativement un roman ou recueil de nouvelles, une oeuvre théâtrale, une oeuvre poétique (voir Prix littéraires).

Parmi les lauréats, citons : Charles Bertin, Achille Chavée, Madeleine Gevers, Roger Foulon, André Miguel, Marcel Moreau, Yves Namur, Liliane Wouters, Francis Dannemark, Jean Louvet, Carl Norac… En 2016, c’est Sylvie Landuyt qui fut couronnée pour « Elle(s) », oeuvre théâtrale publiée chez Lansman.

En 2017, le Prix de Littérature Charles Plisnier est consacré à la poésie. Les oeuvres doivent parvenir en 7 exemplaires à Maison Losseau, Prix Charles Plisnier, 37, rue de Nimy – 7000 Mons avant le 22 décembre 2017.