La Maison Losseau vient de vivre une journée exceptionnelle !
En effet, ce matin, dès huit heures, cinq tapis commandés par Léon Losseau à Gustave Fayet dans les années vingt ont retrouvé leur place dans les décors Art nouveau de la maison, le temps d’un shooting photos…. Après des mois de restauration sous l’égide de la Fondation Vuitton… Avant de repartir pour Paris.
L’occupation de la maison par l’armée allemande durant la première guerre mondiale l’ayant beaucoup endommagée, Losseau entreprit de la restaurer, en particulier les étoffes, rideaux, coussins et… tapis.
C’est ainsi qu’il prit contact avec Gustave Fayet pour lui commander une série de tapis qui pourraient s’intégrer dans les décors végétaux chatoyants de sa maison et qui seront finalement réalisés par l’Atelier Dauphine.
Avant les premiers travaux de restauration dans le cadre de Mons, Capitale européenne de la Culture en 2015, les tapis furent retrouvés en cave dans un état si piteux qu’on l’avait jugé désespéré.
En 2024, la Fondation Vuitton forme le projet d’un hommage à Fayet et commence à travailler sur deux expositions, l’une faisant la lumière sur sa collection unique d’art moderne et l’autre dédiée à sa dimension de créateur dans le domaine des arts décoratifs, dont il explora de 1895 à 1925, différents champs : la céramique, le vitrail, les tissus, les tapis. Cette dernière s’intitule « Gustave Fayet : L’Union des Arts ». Elle sera organisée à l’automne 2026 jusqu’au printemps 2027. Son commissariat est confié à Madame Angéline Scherf, Conservatrice à la Fondation Vuitton.
« Gustave Fayet : L’Union des Arts » rendra hommage aux créations de Gustave Fayet, le replaçant dans son contexte, celui d’un artiste vivant à la croisée de l’Art nouveau et de l’Art déco, en dialogue constant avec les créateurs de son temps, tels Paul Poiret, Jeanne Lanvin, Louis Süe, André Mare, André Groult, Armand-Albert Rateau ou Georges Lepape.
Entrepreneur ouvert aux formes d’avant-garde, Gustave Fayet s’imprègne du travail des créateurs qu’il collectionne et côtoie, se renouvelant sans cesse. C’est dans le domaine de la création d’étoffes et de tapis à partir de ses aquarelles inspirées des mondes parallèles de Redon qu’il trouve sa voie et une consécration immédiate auprès de collectionneurs prestigieux comme Jacques Doucet, Boni de Castellane, Alphonse dc Rothschild, le Maharadja d’Indore, Jeanne Lanvin…
Cet hommage à son œuvre artistique sera une véritable découverte et révèlera un jalon totalement inédit de l’histoire des arts décoratifs. Celle-ci sera dévoilée pour la première fois grâce à un travail de recherches mené sur des archives, jusqu’ici restées en main privée.
La Fondation Vuitton dédiera une section entière au chantier exceptionnel de Mons, dont ont été retrouvées des traces aussi bien dans la correspondance de Gustave Fayet, que dans ses carnets et les archives de la Fondation Losseau. Une documentation précise a permis de reconstituer toutes les étapes de cette commande des premiers échanges entre Losseau et Fayet en 1922 à la réalisation des tapis et leur réception en 1925.
L’emplacement de chaque tapis dans la Maison Losseau est connu. Les œuvres de Fayet s’intègrent naturellement dans le programme floral que Losseau a imposé aux architectes et décorateurs pour l’ornementation qui couvre les sols, les murs, les corniches, les plafonds, les luminaires, les lambris, les meubles et la verrerie.
Les cinq tapis de Gustave Fayet pour la Maison Losseau forment un ensemble exceptionnel et correspondent à la période de consécration de Fayet dans le domaine des arts décoratifs. La présentation de ces œuvres illustre une commande remarquable dans la carrière de Fayet par la taille des tapis et leurs qualités décoratives. Par ailleurs, la découverte des mises au carreau préparatoires chez les descendants permet la confrontation des tapis avec leur modèle en taille réelle.


